Le conseil municipal du 27 mai dernier était le conseil municipal d’installation.

Il y a eu lors de ce conseil, 5 votes et une lecture de la charte de l’élu qui n ’appelait pas de vote.

Le 1er vote consistait à élire le maire. Nous avons décidé de ne pas présenter de candidat, car nous représentons 3 élus sur 35. Il nous a été demandé par certain de ne pas participer au scrutin, de dénoncer l’illégitimité politique du résultat du 15 mars. Notre élection est aussi le résultat de ce scrutin, il aurait été facile de nous le faire savoir en cas de contestation. Le vote contre n’est pas possible, reste le vote blanc ou nul.

Le 2ème et 3ème vote consistaient en la désignation du nombre d’adjoint ainsi que la nomination de ces adjoints. Considérant qu’il s’agissait des affaires interne à la majorité nous avons voté blanc. A noter que le nombre d’adjoints est au maximum de ce que permet la loi : on peut dire que c’est bien car cela reflète une collégialité. Mais la collégialité n’est pas une affaire de titre, mais de délégations données par le maire, et de choix des indemnités reçues par chaque élu-e-s au regard de leur engagement.

Hervé Camus à l’issue e ce vote a demandé les délégations octroyées aux adjoints. Le maire lui a répondu que cela serait fait lors du prochain conseil municipal. Le lendemain matin ces délégations étaient dans la presse ! Le grand public informé avant les élus…

Le 4ème vote sur les compétences données au maire : nous avons voté contre. En effet s’il faut garder des compétences pour gérer les affaires courantes, certaines pouvaient tout à fait attendre un conseil municipal, du moment qu’elles influent sur la politique de la ville. Par exemple adhésion à des associations, passations de marchés publics…

C’est pourquoi en rappelant la nécessité d’un fonctionnement collégial quand c’est possible ou nécessaire, nous avons voté contre, accompagné seulement par l’élu de Saint Sébastien en commun.

La lecture de la charte de l’élu-e a suscité une intervention de Claudia Poyraz au nom de Saint Sébastien humaine et nature, demandant des excuses à certains élus pour des parutions de vidéo sur les réseaux sociaux le soir du 15 mars. Mauvaise intervention, car au-delà de l’effet mauvais perdant

la technique de l’édredon a bien fonctionné pendant le conseil : le maire a demandé si des élus voulaient prendre la parole, personne ne l’ayant demandé, nous sommes passés au point suivant. En revanche c’est ce qui ressort dans le compte rendu de Ouest France, des réactions de l’opposition.

Le 5ème et dernier vote, consistait à voter les indemnités perçues par les élus. Il s’agit de partager une enveloppe globale déterminée règlementairement selon la taille de la ville. La ville ayant perdue la DSU, cette enveloppe à baisser. C’est pourquoi les élus minoritaires vont percevoir 19 euros bruts par mois (soit 0.5% de l’indice). Ils percevaient autour de 90 euros en 2008 et 65 euros en 2014. En chiffres absolus, tous les élus voient leurs indemnités diminuées mais pas en pourcentage. Cela veut dire que certains baissent plus que d’autres. Nous avons laissé Laurent Koeunebrock dénoncé ce choix, au motif de l’engagement des élus, du contre exemple donnés aux citoyen-ne-s qui veulent s’investir, et de la place donnée aux élu-e-s minoritaires.

C’est le 1er adjoint qui a répondu, et sa réponse a été sur le fond méprisante pour les élus minoritaires : « votre activité réelle n’est pas aussi importante en terme de présence du fait de votre poste en tant que conseillère municipale d’opposition que ce que nous pouvons faire ». Il rapporte avoir passé du temps (25h/semaine en 2019). Sauf qu’il va percevoir 75 fois plus que nous. S’il fait 30 heures par semaine pour que l’argument du temps passé se tienne, nous ne devrions passer que 20 minutes environ par semaine.

C’est donc autre chose qui se joue : son investissement de 2019 est le fruit d’un resserrement d’équipe lors de la précédente mandature. Au vue de cette décision il n’est pas sûr qu’il y ait un desserrement…

Les indemnisations ne suffisent pas à en vivre, et c’est bien qu’un élu local puisse conserver une activité professionnelle autre. Le manque de collégialité et la charge qui en découle, rend difficile cette exigence.

En conclusion, alors que le maire nous annonce son esprit d’ouverture, sa volonté de nous associer à la vie municipale augmentant de fait notre charge de travail (dans les commissions par exemple) il décide de restreindre les indemnités, de privilégier la presse pour les délégations d’adjoint et se fait voter toutes les délégations.

L’esprit d’ouverture se jugera à l’épreuve des faits et des pratiques. Pas à celui des annonces.