Ouest-France Sylvie HROVATIN.

Publié le 17/10/2019 à 17h45

Hervé Camus, leur chef de file, insiste. Leur groupe de gauche change les pratiques. Hors des partis, leur projet municipal est co-construit. Comment s’y prennent-ils ? Qui sont-ils ? Explication.

« Le collectif a été initié par les six élus de la minorité municipale » , rappelle Hervé Camus. Le choix était de travailler sur un projet municipal hors de l’appareil des partis ou même d’une association. De décembre à juin, chaque mois, « entre 20 et 30 personnes , de toutes tendances », ont commencé à se réunir. En juin, ils ont baptisé leur collectif Saint-Sébastien Ensemble. En septembre, est venu le moment de choisir un chef de file.
Comment a été choisi Hervé Camus ?

Très logiquement, la tête de liste ne pouvait être désignée par les partis comme c’était l’usage dans les précédentes élections. Les membres du collectif ont voté. Une commission de neuf personnes a étudié les deux candidatures : Michel Caillaud, ex PS qui avait conduit la liste de gauche en 2014, et Hervé Camus, conseiller municipal non encarté, proche des écologistes.
La commission s’est prononcée très nettement en faveur d’Hervé Camus. Ce choix a été ensuite confirmé par tous, en vote à bulletin secret. « Sur 56 personnes susceptibles de pouvoir voter, 36 sont venues à la plénière du 23 septembre. » Hervé Camus a récolté trente voix. Le voici donc investi tête de liste.
Qui est dans son équipe ?

Dans le collectif, on retrouve sept colistiers des municipales de 2014 : Anne-Marie Ledebt, Benjamin Baudry, Christelle Dugast, Madeleine Puaud, Jean-Yves Guillet, Éric Vaisset et Stéphane Guillou. Pas tous candidats pour être élus en 2020, mais acteurs parmi les 50 membres actifs du collectif. La composition de la liste ? « Nous n’en sommes pas encore là. » Elle sera mûre en janvier.
Et les nouveaux, ce qui leur a plu chez Hervé Camus ? « Ce travail en commun pour une autre manière de vivre la ville, la penser et l’orienter » , répond Anne-France Barreteau. « Il n’est pas un politicien, n’a pas d’intérêt personnel. Vraiment là pour être moteur d’une équipe », balance Maëwen Blandin, 20 ans, une des benjamines du collectif.
« Une gouvernance différente »

Trop tôt pour parler du programme. « Il s’élabore dans nos six ateliers suivants : transition écologique ; démocratie ; économie, emploi et finances ; culture et vie associative ; égalité et solidarités ; éducation et jeunesse » , expose Hervé Camus. « On a tous constaté l’urgence écologique, et associé l’urgence sociale et démocratique. Nos vies vont être amenées à changer, il vaut mieux être acteurs de la transformation. » Pour eux, « la meilleure réponse c’est la solidarité, la proximité. » Ils planchent sur « une gouvernance différente. » Rien de révolutionnaire, mais inspirée de ce qui se fait dans les villes ouvertes aux initiatives des habitants, comme Grenoble, ou plus près, Nantes avec son bureau des projets.
Où est leur QG ?

Le collectif n’a pas de locaux, ni d’existence sur les réseaux sociaux. Juste une adresse courriel : sssl.ensemble.projet@posteo.org. « Nous ouvrons un site internet mi-novembre. » Des locaux de campagne ? « Pas certain » , répond Hervé Camus. Le jour à retenir pour entrer en contact avec ce collectif est le vendredi 15 novembre, à 20 h, à la salle René Couillaud. « On fait une plénière ouverte au public. »
Michel Caillaud consulte les Sébastiennais

Jeudi 17 octobre, premier point presse du collectif pour se présenter. Michel Caillaud n’en est pas. Occupé de son côté, avec Christine Le Mentec et Pascal Costenoble, à réunir des Sébastiennais pour parler de l’avenir de la commune.
Lundi 14 octobre au soir, une vingtaine de personnes sont venues à la première séance. Une discussion à bâtons rompus de deux heures. Il a été annoncé deux autres rencontres à suivre : les 20 octobre et 7 novembre, à la salle René-Couillaud. L’ébauche d’une autre liste de gauche ? Ça reste à confirmer. Si c’était le cas, « on serait déçus car on a travaillé pour essayer de faire l’unité » , réagit Hervé Camus.